COVID-19: Le virus de la division et de la contestation
Depuis plusieurs mois maintenant, le monde est contraint de vivre avec la crise sanitaire induite par le surgissement du nouveau coronavirus. Cependant, même si certains sont d’accord d’autres par contre le sont moins. C’est la loi de la démocratie dont la liberté d’expression est fondamentale.
Si le premier cas recensé
remonte à décembre 2019, ce n’est qu’à partir de janvier 2020 et plus encore
durant les mois qui ont suivi que la crise a pris une ampleur dans le monde. Dans
un premier temps, peu de personnes croyaient vraiment à l’existence du virus. De ce fait, il a fallu en interpeller certains
hommes dits célèbres comme Mbaye Pèkh, Selbé Ndom et les menacer de poursuites
pénales pour qu’ils arrêtent les dénégations. La preuve, pendant longtemps
mêmes des parents de gens morts de la covid-19 continuaient à dire le contraire.
Mais, cela n’est pas surprenant chez nous car tout est sujet de polémique. Et
la lutte contre le coronavirus en est une parfaite illustration.
Dès les premiers jours,
l’attitude de la Police dont certains éléments s’en sont pris aux récalcitrants
qui ont tardé à respecter le couvre-feu a fait surgir beaucoup de polémiques. Tout
cela, du fait que la population en a croyait pas au virus et malgré les
nombreuses sensibilisations, le ravage que le virus était en train de faire
dans le monde. Nous sommes les champions des faux problèmes, ceux-là qui
occultent les vrais et qui ne poussent pas les uns et les autres à se
concentrer sur l’essentiel. Mais ce n’est pas tout. L’utilisation du remède
malgache a été l’objet de moult divergences sans oublier celui du protocole de
soin proposé par le Docteur Raoult avec la chloroquine.
Aujourd’hui, quelques
soient les mesures prises par les autorités, elles sont systémiquement
contestées. D’ailleurs, le responsable de la lutte contre le paludisme, Dr
Moussa Thior, avait réussi à attirer l’attention sur le fait que toute la
démarche du Ministère de la Santé n’est pas cohérente et qu’il faut tout
simplement laisser circuler le virus et éviter le mode de gestion actuel de la
pandémie. Mais, cette polémique est loin d’avoir été le seule combat entre
spécialistes. Les propos du professeur Seydi, sur le manque de matériel à
l’hôpital de Ziguinchor n’ont pas du tout été appréciés au niveau du Ministère
de la Santé. On n’est même pas d’accord sur les définitions ici, chez nous.
Certains disent ouvertement qu’il n’y a pas de cas communautaires, « un
cas, c’est un cas ». Ce qui avait frustré le Ministre de la Santé.
En effet, la fermeture des
mosquées a fait naître de vives tensions sociales. On est même aller jusqu’à
arrêter des Imams ce qui à susciter la colère du Khalife de Léona Niassène, qui
avait dit publiquement qu’il va prier, c’est-à-dire transgresser l’interdit. La
vérité est que nous ne sommes d’accord sur rien. C’est cette attitude entretenue
dans notre société qui a favorisé la propagation du virus. Nous nous avons mis
du retard à y croire, du retard à mettre en place des stratégies, à adopter un
protocole de soin, à accepter l’Artémisia, à accepter l’état d’urgence, le
couvre-feu, à appliquer les mesures-barrières, etc. Nous nous méfions de tout et de tout le monde, doutons de tout et
parlons tous en même temps sans nous écouter. Ce n’est pas étonnant alors que
le virus marque des points. Nous avons pêché par un défaut de cohérence, de
discipline et simplement de civisme et de citoyenneté. Et le virus, lui, a
continué de gagner du terrain dans le
pays.
Sommes-nous en train de
pousser cette situation à sa limite ? Éprouver de la crainte et de l’inquiétude
face à la présence d’un nouveau virus est logique et compréhensible. Néanmoins,
la peur doit nous alerter et non nous alarmé
à la critique. Elle doit nous aider à réagir de manière raisonnable et logique
et non nous pousser à céder à la panique, à la division et à adopter un
comportement irrationnel. C’est en agissant de manière rationnelle que nous
donnons le meilleur de nous-mêmes et c’est ainsi que nous devons surmonter tout
problème. Quand on est dans des situations de crise, nous devons unir tous nos
forces, se soutenir mutuellement en agissant avec courage. Si nous nous
laissons emporter par la panique, par la divergence, nous nous privons l’opportunité
d’agir de manière coordonnée. Alors, gardons à l’esprit les mots de Baruch
Fischhoff qui dit : « toute crise se résout en agissant de manière
conjointe et coordonnée sans céder à la panique ».
Notre conseil est :
continuons de mener notre vie tout en
respectant les mesures préventives. La routine est notre meilleure alliée. Mais,
il est également nécessaire de s’informer à un moment de la journée sur la
situation et sur l’avancée de la maladie pour en être beaucoup plus informé.
Nous devons rester réceptifs et suivre les informations des spécialistes.
Ousmane Sow

Merci est ce que tu écrire en Français ou anglais
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